éteins la lumière,

je veux voir les ombres

proposition poétique pour les bébés

Lorsqu'on éteint la lumière, naît tout un monde né de l'ombre ou... de l'imagination. Combien de fois, petit, je me suis réveillé en pleine nuit, dans mon lit, sans savoir où j'étais, avec dans la tête les images d'un rêve inachevé... C'est un jeu autour de ces sensations que je propose aux tout—petits, avec un écran blanc ou noir et ses projections, et un poète vocaliste qui raconte des bribes d'histoires.


Plusieurs techniques sont utilisées : les ombres chinoises, avec les mains qui forment devant l'écran des formes de toutes sortes ; les silhouettes, qui font apparaître fugitivement princes et princesses ; les formes animées qui s'agitent sur l'écran. L'écran sera noir ou blanc, ou de toutes les couleurs, et le poète comédien et conteur racontera ses histoires jamais vraiment terminées, toujours commentées par sa voix qui joue de toutes ses hauteurs, de ses résonances et de ses bruits bizarres et drôlatiques.

L'écran s'allume, s'éteint, s'allume, s'éteint, pour ouvrir le thème principal du spectacle : où suis—je, qui suis—je, dans le noir, dans la lumière, ici ou plus loin ?


Je tends le bras et apparaissent des formes variées constituées par ma main, par mon corps, puis par des silhouettes de carton animées qui prennent vie sur l'écran. Une histoire simple démarre, et donne naissance à une autre, à une autre, à une autre : le noir et la lumière alternent, la nuit et le jour, la mouche et la souris, le prince et la princesse. Ils chantent, se marient (peut-être...) et vont dormir côte à côte dans leur grotte à fantômes.


Je raconte et commente ces histoires par ma voix qui voyage entre aigus et graves, entre mélodies chantantes et bruitages comiques, entre chuchotements susurrés et pleine voix résonnante. Comme dans les rêves, les histoires ne se finissent pas forcément, quelquefois elles sont juste évoquées, ou bien elles réapparaissent à un autre moment, quand on ne s'y attend plus...


On l'aura compris, le plus important, ici, c'est l'interaction entre le poète et l'écran, entre son corps, sa voix et les images qui naissent sur ou autour de l'écran.


Et quand on rallume la lumière, c'est fini, on retourne à ses activités quotidiennes : manger, dormir, se promener... Mais n'y avait­il pas, tout à l'heure ou la nuit dernière, des couleurs et des sons qui dansaient, qui dansaient, qui dansaient....?